Nous avons été reçu le vendredi 6 février par le Président THELOT et plusieurs membres de la commission du débat sur l'école.
Lors de cet entretien nous avons pu échanger librement et confronter nos points de vue concernant notre vision de l'école dans 15 ans. Curieusement notre vision diffère assez fortement de celle des membres de la commission, puisqu'ils pensent que toutes les petites écoles rurales seront fermées et tous les élèves seront regroupés au bourg-centre.
Nous avons expliqué que pour nous dans 15 ans, grâce au ministère de la "revitalisation", nous aurons remédié aux causes de désertification et qu'il y aura partout des petites écoles dynamiques et ouvertes sur le monde. Ce sera la fin des supers regroupements (qu'ils appellent "mise en réseau") que le ministère voudraient mettre en place dès la rentrée prochaine.
Au vue de l'accueil recu par notre "vision", nous pensons qu'il est probablement encore trop tôt pour que nos propositions soient reprises par le ministère.
voici un résumé de notre analyse et de nos propositions qui seront publiées sur le site de la commission du débat sur l'école :
LA MISE EN RESEAU DES ECOLES
Le ministre de l'enseignement scolaire Xavier Darcos a rendu public le 5 novembre 2003 le projet " la mise en réseau des écoles " qui n'a malheureusement pas fait partie des 22 thèmes abordés jusqu'ici dans le grand débat national sur l'école, mais qui modifierait demain en profondeur la nature de l'école. C'est pourquoi Ecole & territoire a choisi de consacrer à ce projet l'essentiel de son audition devant la Commission nationale du débat sur l'école le 6 février 2004.
1. L'école doit rester un service
public de proximité
La proximité de l'école est un gage de sa qualité.
C'est en premier lieu la perception qu'en ont les parents, mais
c'est surtout une réalité primordiale pour les enfants
eux-mêmes, les contraintes du transport scolaire étant
à la fois source de risques et de fatigue qui leur sont
préjudiciables. La proximité comme critère
qualitatif de l'école confirme que celle-ci est un facteur
majeur pour l'aménagement du territoire et cette dimension
ne doit en aucun cas être occultée.
2. Les petites structures sont pédagogiquement
performantes et doivent être confortées
Les classes uniques et écoles à deux ou trois classes
enregistrent des résultats pédagogiques sensiblement
supérieurs dans les enseignements fondamentaux, assurent
spontanément la fluidité des cycles, ne connaissent
pas de problèmes de violence, surmontent avec efficacité
leur isolement avec l'appui des TIC et présentent par leur
mode d'organisation et de fonctionnement une aptitude au fonctionnement
en réseau. Il est par conséquent exclu d'envisager
leur suppression comme le préconise le projet ministériel.
Au contraire, elles devraient s'ériger en modèle
et constituer la cellule de base du système scolaire de
demain.
3. Les réseaux doivent favoriser
la proximité
Une juste mesure doit être trouvée à la rationalisation
des moyens tant financiers qu'humains qui doivent être mobilisés
pour assurer la proximité et la qualité du service
public de l'éducation, avec le souci prioritaire des intérêts
de l'enfant, notamment en matière de transport scolaire.
De ce point de vue, l'échelle proposée de regroupements
jusqu'à 30 classes est manifestement inopportune. Loin
de viser " la revitalisation des écoles rurales ",
une telle approche reviendrait à aggraver de façon
irréversible la désertification des territoires
ruraux.
4. Les réseaux doivent procéder
de démarches intercommunales autonomes
S'ils répondent à une logique nécessairement
intercommunale, ils doivent pouvoir se développer selon
leurs besoins propres sans lien juridique explicite avec une structure
intercommunale préexistante, afin de permettre la recherche
des solutions les mieux appropriées aux besoins localement
exprimés. Leur institutionnalisation n'est demandée
ni par les enseignants, ni par les parents, ni par les élus.
5. Les réseaux doivent s'appuyer
sur une contractualisation équitable
Relevant que nombre d'écoles rurales bénéficient
de meilleurs moyens de fonctionnement du fait de la mobilisation
des communes en leur faveur, il serait légitime que l'Etat
pour sa part se présente en réel partenaire disposé
à consacrer un soutien comparable, en moyens comme en durée.
En conséquence, la mise en réseau des écoles, parce qu'elle constitue un élément central de la réforme envisagée, doit être définie et rigoureusement encadrée, selon les principes sus-définis, dans la loi à venir sur l'école.
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